Écriture · Peinture · Photographie
Trois façons de voir, de montrer et de retenir
Ecriture

J’écris pour construire une suite de phrases, constituées de mots qui, conjugués à une intention, forment du sens pour le lecteur comme pour l’auteur. Ce que j’aime, c’est découvrir la construction grammaticale et stylistique induite par un premier mot, puis ce qui lui fait suite. Trouver comment préserver une cohérence dans cette découverte progressive d’une histoire qui, quoi que j’en dise, reste toujours marquée par mon passé, mes envies, mes soifs, mes malheurs — et, inversement, par ce qui m’en délivre.
Peinture

Je peins pour répondre au désir de créer une forme qui fera sens presque immédiatement, rien qu’en la regardant, de près ou de loin. Je voudrais que le spectateur puisse se perdre dans le tableau, puis y retrouver un fil, une direction, quelque chose qui l’emmène ailleurs. Peut-être vers un endroit plus doux et plus prospère que cette vie même. Une peinture qui ne délivre pas nécessairement de réponse, mais qui ouvre un passage, laisse une trace et, surtout, donne à penser.
Photographie

Je photographie dès que quelque chose d’esthétique déborde du décor habituel, lorsqu’un détail semble réclamer que je le garde, un instant, figé dans une image. J’aime aussi rendre hommage à la nature et à ses formes, indifférentes à nos vanités, à nos malveillances et à nos petites agitations. Ce qui me ravit, c’est de sentir que les forces puissantes de la nature opposent leur durée, leur beauté et leur indifférence aux faiblesses de l’âme et aux désordres de l’esprit.
En ce moment
La Peinture de fredJeanGil artiste peintre
La peinture, pour moi fredJeanGil, c’est une parole.
Le laisser-dire.
Laisser dire par le rythme, les couleurs et le point de vue. Suggérer, mettre à disposition cette étrange impression de familiarité, de proximité entre la toile et l’œil.
Si quelque chose demeure inachevé, pas tout à fait fini, c’est parce que l’ensemble oriente et guide l’œil vers ce qui se trame doucement derrière notre âme, sous la surface de nos pensées, et qui tente toujours de nous échapper.
Ce petit rien qui échappe — l’invisible, cette matière noire comme l’oubli — surgit parfois dans une paréidolie : au hasard d’un balayage du regard sur une toile enduite, dans le pli d’un vêtement ou dans les nuages.
Rien ne me serre davantage le cœur que de penser que des mondes infinis se dissimulent derrière chaque toile, chaque tache de couleur, chaque coup de pinceau.
Rien ne serait plus triste que de ne pas leur ouvrir un passage vers davantage de vie et, peut-être, davantage de clarté.
Mon défi consiste alors à les faire sortir de l’oubli et de l’indifférence où leur subtile fragilité finit malheureusement par les rejeter.
La photographie de fredJeanGil artiste peintre
La prise de vue, la photographie, pour moi (fredJeanGil artiste peintre), c’est d’abord une vision.
Le laisser-voir.
Laisser voir entre la scène et l’œil quelque chose qui fait tilt.
Cet endroit, ces formes et ces lumières réclament que l’on en conserve une trace. Il faut alors tenter de capter l’esprit du lieu, même si celui-ci ne se révèle d’abord que par une pure intuition. Un sentiment vague mais persistant qu’il est temps de dégainer l’appareil…
Vite ! Très vite ! Faire tout ce que je peux pour répondre à cet appel d’un simple clic sur l’appareil.
Une fois la photographie en poche, je l’ajuste. Puis, je laisse passer plusieurs semaines avant de l’exposer. Les modifications de lumière, de contraste ou de saturation ont ainsi le temps de me surprendre à nouveau.
Il faut parfois savoir oublier sa toile, sa photographie ou son dessin afin de les retrouver plus tard avec une véritable fraîcheur d’esprit. Le cerveau ne se place alors plus en mode créatif, mais en mode spectateur.
Et cela change tout.
C’est ce qui s’est produit avec cette collection d’anciennes photographies prises aux alentours de Maurs-la-Jolie, dans le sud du Cantal.
Le blog de fredJeanGil
Dans ce blog, je partage les chemins qui accompagnent mon travail : la naissance d’une œuvre, la paréidolie, les formes cachées, la matière picturale, mais aussi mes recherches, mes hésitations et mes découvertes. J’y parle de peinture, de photographie et de création comme de passages entre le visible et l’intérieur. Chaque article prolonge ainsi une question, une intuition ou une apparition rencontrée en chemin.

Paréidolie en peinture : de Vinci aux artistes contemporains
La paréidolie en peinture commence souvent par une expérience très simple. Nous regardons une tache, un nuage, une pierre ou une surface irrégulière. Peu à peu, un visage apparaît. Une forme animale se précise. Un paysage semble habité par une présence qui n’avait pourtant pas été dessinée. Notre regard ne se contente donc pas d’enregistrer…

Artiste émergent ou confirmé : où investir son budget art ?
Vaut-il mieux investir dans l’art d’un artiste émergent ou confirmé ? Cette question intéresse les nouveaux collectionneurs et les personnes qui souhaitent acheter une œuvre originale sans se tromper. D’un côté, l’artiste confirmé rassure. Il possède déjà une reconnaissance, une cote, des expositions, parfois des ventes publiques. De l’autre, l’artiste émergent offre une relation plus…
Littérature
Parallèlement à la peinture et à la photographie, l’écriture accompagne mon travail depuis de nombreuses années. Dans Si la mer se meurt, récit-poème consacré à l’expérience de la schizophrénie, la langue cherche elle aussi à rendre visible ce qui demeure habituellement caché.
si la mer se meurt
schizopoésie






