« Traîtres », un texte de l’Oupalonge mis en voix et en images.

Le mot Dieu est le plus vieux bruit du monde.

La grammaire oupalongue en a gardé le son et circonscrit l’usage. Le bruit avait semé ses prêtres ; les Rouges d’Oupalonge ont excisé les traîtres. Le vocable ineffable n’est plus ce qu’il fut, ni même ce qu’il ne saurait plus jamais être.

Mais la syntaxe ne s’en laisse pas conter : à sa source, le présent et le passé se disent leurs quatre vérités. Le bruit est resté. Il ne sert plus qu’à trois choses : éternuer, se cogner le pied dans le noir, jouir ou espérer.

L’Oupalong-àrebours se rassure comme il peut : « Le plus vieux bruit du monde nous a montré le dos. Fallait-il le faire taire sous une pluie de couteaux ? »

Il attend son retour parmi les chiens, qui répandent partout, comme un vieux salpêtre, l’ennui écœurant d’une haleine de mourants. Ces traîtres.


Texte : FredJeanGil · Musique : Suno
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