« Les Oupalongs des débuts », un texte de l’Oupalonge mis en voix et en images.
Les premiers Oupalongs avaient la bouche d’un trou noir à la place du cœur. Des déserts chauds plein la gueule, ils recrachaient des forêts galactiques, où les chiffres, sans fantaisie, rêvassaient de courbes qui ne s’allongent jamais. Leur ventre bedonnait sous des vents épuisés ; dans ses replis, la vie bredouillait, balbutiait, comme prise sur le fait.
Ils vivaient déjà à plusieurs, comme dans un trou. Ils allaient et venaient avec l’air absent de ceux qui n’y sont pour rien, les mains au fond des poches, et traquaient sur les grands chemins froids l’étincelle aux yeux gris.
Un beau matin, l’un d’eux tomba sur un morceau de jour, chu du Ciel-qui-retient. Blanc et sec, il couvrait sa route d’une lueur de squelette.
C’est depuis ce matin-là qu’on dit, en Oupalonge, tomber sur un os.
Sous le Ciel-qui-retient, il manque un bout de soleil, mais personne n’en sait rien.
Texte : FredJeanGil · Musique : Suno
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