« La trappe », un texte de l’Oupalonge en dessin animé.

Quelque part dans son corps, qui le suit comme un âne, l’Oupalong a une trappe.

Ouverte, il court le risque d’une mauvaise posture : on voit dedans, et lui-même, penché au bord, peut y tomber. Fermée trop longtemps, il étouffe dans le sang bouilli de son âme, qui voudrait s’évaporer vers le cliquetis des soleils lointains.

On y perce donc, à la naissance, un trou d’aération, à l’aide d’une corne de taurelle. Pas plus large qu’un regard. Assez pour respirer ; trop peu pour se montrer. C’est ce qu’on appelle, en Oupalonge, les pudeurs de taurelle.

Il arrive qu’elle s’ouvre toute seule, malencontreuse. L’Oupalong tombe alors, non pas dehors : dedans. On le retrouve le lendemain, un peu plus profond, d’humeur égale. Il dit : « Quelque chose, en bas, veut m’oublier. »

Son âme est alors si proche de l’esprit qu’on pourrait s’y méprendre. L’esprit, d’ailleurs, s’y reprend plusieurs fois. Il la suit comme une piste, se ruine en leçons de chasse, et revient bredouille comme un enfant crotté. Pourtant l’âme est écrite dans sa langue maternelle, qu’il parle très bien mais ne sait toujours pas lire.


Texte : FredJeanGil · Musique : Suno · Animation : Claude AI
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